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bulagri
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la poule procède à un raisonnement par exclusion lorsqu’elle en a besoin.
Nourrir est définitivement un acte politique. C’est la thèse que défend la philosophe Joëlle Zask dans cet essai tout juste publié Donner à manger, politique d’un geste ordinaire, aux éditions Premier Parallèle. Chaque biberon donné, chaque plateau de cantine, chaque rayon de supermarché est le résultat de choix collectifs qui engagent des rapports de pouvoir, des hiérarchies sociales, des conceptions de la liberté et de la dignité. Philosopher sur la nourriture, c’est philosopher sur la démocratie elle-même.
El Nino
Ils proposent de faire évoluer la pédagogie en postulant que les savoirs environnementaux relèvent d’une « science impliquée », ouverte, plurielle, attentive aux contextes et aux impacts de ses découvertes sur les milieux. Il s’agit de s’appuyer sur une approche pluridisciplinaire, combinant plus systématiquement savoirs techniques et sciences humaines. Au-delà des contenus, les modalités d’enseignement doivent selon eux évoluer pour s’appuyer plus fréquemment sur l’expérimentation par les étudiants en utilisant des jeux, en recourant à une pédagogie par projet, à des débats et controverses, pour les former à l’argumentation et à la résolution collective de problèmes. Cela suppose également, de la part des enseignants, une posture éthique et transparente sur leur propre positionnement face aux sujets traités et à leurs engagements personnels.
Dans son numéro de mars 2026, la revue Agricultural Systems consacre un article à la multi-performance en élevage bovin allaitant. Pour mettre en évidence les tensions pouvant exister entre performances économiques, environnementales et bien-être animal, les chercheurs ont développé un modèle bioéconomique d’élevage allaitant. Ils ont construit un optimum multicritères sous contraintes (figure), en cherchant le point où l’on ne peut plus améliorer un critère sans dégrader les autres.
Issu des regards croisés d’une cinquantaine d’experts (enseignants, chercheurs, ingénieurs, conseillers agricoles, acteurs institutionnels...), cet ouvrage propose d’explorer l’exploitation agricole française au travers de sept thématiques : son histoire, son statut d’entreprise, ses productions, la valorisation de ses activités, sa gestion, ses partenaires et les enjeux auxquels elle est confrontée, ou auxquels elle pourrait l’être dans le futur. Le lecteur est ainsi amené à faire des liens au sein des thématiques, voire entre les thématiques, pour amorcer une analyse transversale du fonctionnement global des exploitations agricoles.
Face aux transformations qui traversent aujourd’hui l’élevage, les éleveurs et éleveuses font évoluer leurs pratiques et leur métier au quotidien. Dans le cadre du projet Entr’ACTES, 30 enquêtes de terrain menées en Bretagne, Centre-Val de Loire et Pays de la Loire ont permis d’analyser ces trajectoires de changement. Ces fiches « innovations » présentent leurs parcours, les motivations à l’origine des évolutions engagées, les difficultés rencontrées et les témoignages des acteurs eux-mêmes.
Et en France ? Le concept a fini par revenir tel un boomerang sous le nom de pâturage tournant dynamique qui va plus loin que le système Voisin en découpant des parcelles plus petites, pâturées sur un temps assez court, moins de 5 jours, par un nombre élevé d’animaux et en pilotant le pâturage à la hauteur d’herbe, on ne broute pas avant le stade « trois feuilles », quand trois feuilles sont sorties autour de la tige, et on retire les animaux avant qu’ils attaquent la gaine de la plante pour préserver son potentiel. Les économies que ce système permet de réaliser (moins de mécanisation, moins d’amendements…) ont renouvelé l’intérêt porté par les éleveurs en 2007-2008, puis la sécheresse de 2022 est venue ajouter une couche.
Un rapport publié en février 2026 par IPES-Food, un groupe indépendant d’experts internationaux, met en évidence l’opposition entre deux modèles d’innovation actuellement à l’œuvre dans le secteur agricole. Le premier, dominant, est porté par une alliance entre grandes industries de l’agroalimentaire et géants du numérique. Il promeut des technologies visant à augmenter la productivité et susceptibles d’enfermer les agriculteurs dans une dépendance financière et technique : agriculture de précision, outils d’aide à la décision, biotechnologies. Le second modèle repose sur une dynamique d’innovation ascendante impulsée par les agriculteurs pour répondre à des besoins concrets du terrain : semences paysannes, initiatives d’auto-conception d’outils low-tech, etc. Constatant un déséquilibre entre ces deux tendances, le rapport préconise une réorientation des flux d’investissements et des politiques de recherche publique (plus de recherches participatives, de projets agroécologiques, etc.), afin de limiter les risques de concentration des systèmes alimentaires dans les mains d’un nombre restreint d’acteurs.
L’application de C.A.R.E. sur des fermes amène notamment à identifier et chiffrer les pratiques nécessaires à la préservation des capitaux naturels et humains (eau, sols, biodiversité, climat) : planter des haies, réduire le travail du sol, ajouter des couverts végétaux, se verser un salaire décent, rendre le travail ergonomique…
Cette approche n’est pas théorique. Elle a déjà été mise en œuvre, avec succès, dans des contextes très différents : en Ille-et-Vilaine, avec des coopératives agricoles, au sein du groupe Carrefour, ou encore avec l’association Fermes d’avenir. A chaque fois, avec le même résultat : ce que l’on croyait impossible à chiffrer – comme la santé d’un sol, la qualité d’un cours d’eau ou le bien-être des agriculteurs – devient mesurable, et donc pilotable. On quantifie l’impact environnemental des exploitations comme on quantifie leur production de biens, ce qui déplace les curseurs de la performance.