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bulagri
Et si la véritable question n’était pas : « Faut-il (ou non) manger des animaux ? » mais : « Pourquoi les exploitons-nous ? »
Depuis des siècles, la pensée occidentale a hissé l’humain au sommet : maître de la Nature et du vivant, des territoires et des destins animaux. Cette colonisation du vivant a façonné nos lois, nos fermes, nos laboratoires, nos récits, jusqu’à nos gestes les plus ordinaires.
Pourtant, d’autres peuples voient le monde autrement. Ils savent que la Terre n’appartient à personne, que l’animal n’est pas seulement une ressource, mais d’abord une présence, une relation, une existence sensible et que nous devons composer avec lui parce que nous vivons avec lui.
Dans cet essai, Cédric Sueur explore les racines de cette domination et propose une révolution du regard : décoloniser notre rapport au vivant. Décoloniser les animaux, c’est apprendre à les voir autrement : non plus comme des objets d’usage, mais comme des partenaires de monde. C’est reconnaître la conscience, la mémoire, la joie et la souffrance de celles et ceux avec qui nous partageons la Terre.
Depuis des siècles, la pensée occidentale a hissé l’humain au sommet : maître de la Nature et du vivant, des territoires et des destins animaux. Cette colonisation du vivant a façonné nos lois, nos fermes, nos laboratoires, nos récits, jusqu’à nos gestes les plus ordinaires.
Pourtant, d’autres peuples voient le monde autrement. Ils savent que la Terre n’appartient à personne, que l’animal n’est pas seulement une ressource, mais d’abord une présence, une relation, une existence sensible et que nous devons composer avec lui parce que nous vivons avec lui.
Dans cet essai, Cédric Sueur explore les racines de cette domination et propose une révolution du regard : décoloniser notre rapport au vivant. Décoloniser les animaux, c’est apprendre à les voir autrement : non plus comme des objets d’usage, mais comme des partenaires de monde. C’est reconnaître la conscience, la mémoire, la joie et la souffrance de celles et ceux avec qui nous partageons la Terre.
Trois ingénieurs agronomes analysent la crise agricole sous un angle original : ce ne sont pas les règles européennes et les bas prix qui tuent les agriculteurs, mais l'agro-industrie, qui les rend dépendants du machinisme et des intrants chimiques.
La « cause végétale » serait-elle un impensé de la transition agroécologique et alimentaire ? Cause végétale et cause paysanne sont-elles les deux versants d’une même exigence ? Cet ouvrage fait le pari que cette question, encore peu explorée, conditionne à la fois la reconnaissance des plantes comme êtres de relation et l’adoption de pratiques aujourd’hui indispensables pour fonder des solutions « avec » la nature. À travers l’affirmation d’une éthique du travail vivant, il met en lumière les chaînes d’interdépendances et de sociabilités basées sur la coopération entre humains et non-humains dans les activités productives.
Aboutissement et mise en perspective des résultats d’un programme de recherche [2], ce colloque s’est attaché à analyser les démarches de transition en aménagement, qu’elles émanent d’initiatives publiques ou privées dans des espaces diversifiés, en se concentrant sur les tensions et les compromis entre anthropisation et conservation de la nature. Les sciences de la conservation fournissent une proposition théorique intéressante, articulée autour des modèles de land sparing et land sharing, qui a guidé l’argumentaire de l’appel à propositions ainsi que les communications et discussions tenues pendant le colloque. Absente à l’origine du cadrage des travaux du programme de recherche dont ce colloque faisait la clôture, cette proposition conceptuelle s’est avérée particulièrement pertinente pour interpréter les résultats obtenus. L’initiative du colloque est donc de soumettre cette proposition à la communauté scientifique de l’aménagement de l’espace pour tester l’opportunité de son appropriation pour penser, concevoir et analyser les territoires anthropisés et leur rapport aux espaces et aux éléments de nature. L’événement a ainsi permis de construire trois jours de débats mettant à l’épreuve l’interdisciplinarité radicale qui doit se construire face aux crises environnementale et écologique globales, autant qu’il a pu faire dialoguer de manière fructueuse sciences sociales (se rapportant aux territoires, aux sociétés et à leurs fonctionnements) et sciences de la nature (biologie, écologie et écologie du paysage).
Initialement pensés pour analyser les relations entre biodiversité et agriculture (Phalan et al., 2011 ; Karp et al., 2015), les modèles conceptuels de land sparing et de land sharing sont deux propositions divergentes d’organisation de l’espace pour penser la satiété alimentaire des sociétés humaines en limitant les impacts négatifs sur les fonctionnalités écologiques des espaces productifs. Le land sparing préconise des zones de conservation de la nature strictement séparées des zones d’agriculture intensive ; tandis que le land sharing implique l’intrication de la nature dans les espaces agricoles.
Initialement pensés pour analyser les relations entre biodiversité et agriculture (Phalan et al., 2011 ; Karp et al., 2015), les modèles conceptuels de land sparing et de land sharing sont deux propositions divergentes d’organisation de l’espace pour penser la satiété alimentaire des sociétés humaines en limitant les impacts négatifs sur les fonctionnalités écologiques des espaces productifs. Le land sparing préconise des zones de conservation de la nature strictement séparées des zones d’agriculture intensive ; tandis que le land sharing implique l’intrication de la nature dans les espaces agricoles.
Le présent article fait un rapprochement entre approche des capabilités et démarches participatives. Il s’appuie, pour ce faire, sur un retour d’expérience réalisé au Sénégal au sujet d’une démarche d’accompagnement d’une dynamique collective de gestion de territoires et de ressources naturelles. Les auteurs voient, dans l’approche des capabilités, un moyen d’explorer plus avant les ambiguïtés nécessairement existantes au sein de ces démarches d’accompagnement entre recherche d’autonomie et ingénierie sociale.
Cet article de Philippine Coeugnet et ses collègues rend compte d’une expérience de coconception de systèmes d’élevage dans le Massif central, originale par sa mobilisation de participants, citoyens/habitants, au-delà du cercle des experts et des professionnels du secteur. Elle a ainsi permis un recadrage des enjeux et la formulation de nouvelles problématiques questionnant l’avenir de la recherche sur les systèmes d’élevage
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la poule procède à un raisonnement par exclusion lorsqu’elle en a besoin.
Nourrir est définitivement un acte politique. C’est la thèse que défend la philosophe Joëlle Zask dans cet essai tout juste publié Donner à manger, politique d’un geste ordinaire, aux éditions Premier Parallèle. Chaque biberon donné, chaque plateau de cantine, chaque rayon de supermarché est le résultat de choix collectifs qui engagent des rapports de pouvoir, des hiérarchies sociales, des conceptions de la liberté et de la dignité. Philosopher sur la nourriture, c’est philosopher sur la démocratie elle-même.
El Nino
Ils proposent de faire évoluer la pédagogie en postulant que les savoirs environnementaux relèvent d’une « science impliquée », ouverte, plurielle, attentive aux contextes et aux impacts de ses découvertes sur les milieux. Il s’agit de s’appuyer sur une approche pluridisciplinaire, combinant plus systématiquement savoirs techniques et sciences humaines. Au-delà des contenus, les modalités d’enseignement doivent selon eux évoluer pour s’appuyer plus fréquemment sur l’expérimentation par les étudiants en utilisant des jeux, en recourant à une pédagogie par projet, à des débats et controverses, pour les former à l’argumentation et à la résolution collective de problèmes. Cela suppose également, de la part des enseignants, une posture éthique et transparente sur leur propre positionnement face aux sujets traités et à leurs engagements personnels.
Dans son numéro de mars 2026, la revue Agricultural Systems consacre un article à la multi-performance en élevage bovin allaitant. Pour mettre en évidence les tensions pouvant exister entre performances économiques, environnementales et bien-être animal, les chercheurs ont développé un modèle bioéconomique d’élevage allaitant. Ils ont construit un optimum multicritères sous contraintes (figure), en cherchant le point où l’on ne peut plus améliorer un critère sans dégrader les autres.
Issu des regards croisés d’une cinquantaine d’experts (enseignants, chercheurs, ingénieurs, conseillers agricoles, acteurs institutionnels...), cet ouvrage propose d’explorer l’exploitation agricole française au travers de sept thématiques : son histoire, son statut d’entreprise, ses productions, la valorisation de ses activités, sa gestion, ses partenaires et les enjeux auxquels elle est confrontée, ou auxquels elle pourrait l’être dans le futur. Le lecteur est ainsi amené à faire des liens au sein des thématiques, voire entre les thématiques, pour amorcer une analyse transversale du fonctionnement global des exploitations agricoles.
Face aux transformations qui traversent aujourd’hui l’élevage, les éleveurs et éleveuses font évoluer leurs pratiques et leur métier au quotidien. Dans le cadre du projet Entr’ACTES, 30 enquêtes de terrain menées en Bretagne, Centre-Val de Loire et Pays de la Loire ont permis d’analyser ces trajectoires de changement. Ces fiches « innovations » présentent leurs parcours, les motivations à l’origine des évolutions engagées, les difficultés rencontrées et les témoignages des acteurs eux-mêmes.
Et en France ? Le concept a fini par revenir tel un boomerang sous le nom de pâturage tournant dynamique qui va plus loin que le système Voisin en découpant des parcelles plus petites, pâturées sur un temps assez court, moins de 5 jours, par un nombre élevé d’animaux et en pilotant le pâturage à la hauteur d’herbe, on ne broute pas avant le stade « trois feuilles », quand trois feuilles sont sorties autour de la tige, et on retire les animaux avant qu’ils attaquent la gaine de la plante pour préserver son potentiel. Les économies que ce système permet de réaliser (moins de mécanisation, moins d’amendements…) ont renouvelé l’intérêt porté par les éleveurs en 2007-2008, puis la sécheresse de 2022 est venue ajouter une couche.