14897 shaares
Afin d’éclairer les débats sur l’agro-écologie, l’association Le Lierre a publié en octobre 2025 un rapport visant à objectiver les principales controverses sur le sujet. Une vingtaine d’experts a ainsi été mobilisée pour produire quinze fiches, chacune explorant une idée reçue sur l’agro-écologie.
Les auteurs détaillent les différents types d’acteurs (agriculteurs, sociétés de conseil, entreprises de l’agroalimentaire, ONG, institutions financières, etc.) et les principaux thèmes mis en avant (santé des sols et biodiversité). Ils proposent aussi une typologie des très nombreuses pratiques recensées.
Le bassin méditerranéen compte parmi les plus vulnérables au changement climatique. Pour renforcer la capacité d’adaptation des espaces forestiers et agricoles, le projet ResAlliance, financé par l’Union européenne et réunissant 16 institutions de recherche et de coopération, a publié en octobre 2025 un agenda stratégique. Il recense et analyse les mesures susceptibles d’accroître la résilience des socio-écosystèmes agricoles et forestiers, face aux aléas exacerbés par le changement climatique (inondations, incendies, etc.). Il les classe en quatre domaines : gouvernance, technologie, finance et gestion des écosystèmes. Le rapport est accompagné de 120 fiches détaillant les pratiques mobilisables
En réflexion depuis les années 2010, les expérimentations s’inspirant de la Sécurité sociale de l’alimentation ont été multipliées depuis 2021. Dans ce contexte, l’ADEME, la Banque des territoires, la Fondation Carasso et la Fondation de France ont mandaté l’association Let’s Food et le bureau d’études Vertigo Lab pour réaliser un bilan national.
Les auteurs montrent que la plupart des exploitations étudiées sont aussi productives, en volume et en valeur, que les exploitations bio spécialisées, à l’exception de celles dont l’une des espèces est bovin laitier ou chèvre. Dans ce cas, les exploitations mono-espèce restent plus performantes car la gestion des besoins alimentaires et de pâturage de ces deux espèces est plus exigeante et ne permet pas la maximisation de la productivité de chacune. Les systèmes multi-espèces intégrant des volailles ou des porcs affichent une productivité supérieure à ceux détenant uniquement des ruminants.
En octobre 2025, le journal Agronomy for Sustainable Development a publié une revue de littérature sur la contribution des « pratiques agroécologiques multiples » à l’atténuation du changement climatique.
Un article publié en octobre 2025 dans le Journal of Environmental Economics and Management examine deux évolutions dans la conception des MAE, visant à en accroître l’efficacité : une rémunération conditionnée à une obligation de résultats plutôt que de moyens ; l’introduction de plusieurs niveaux de rémunération selon le degré d’exigence.
les auteurs estiment que l’enjeu est désormais de produire en consommant moins d’intrants. À ce titre, ils portent un regard critique sur les politiques de soutien au revenu des agriculteurs, et plus encore de soutien des prix, qu’ils voient comme une incitation forte à privilégier des modes de production peu économes. À tout le moins considèrent-ils que ces dispositifs doivent s’accompagner d’une augmentation du prix des facteurs de production, par le biais de taxes, afin d’avantager les producteurs les plus efficients. Ils appellent enfin à une reterritorialisation des systèmes alimentaires, à même selon eux de permettre une « désintensification capitalistique » de l’agriculture. Si les formes de cette reterritorialisation ne sont pas précisément exposées, de même que les leviers à mobiliser, des alternatives sont citées comme sources d’inspiration potentielles : projets alimentaires territoriaux, AMAP, appellations d’origine, etc.
Les applications dites d’identification ou de (re)connexion avec la nature, telles qu’iNaturalist ou PlantNet, se présentent comme des outils de médiation entre humains et non-humains. Reposant sur des logiques participatives et mobilisant l’intelligence artificielle pour identifier les espèces, ces dispositifs reconduisent cependant un regard anthropocentré, naturaliste et instrumental sur le vivant. Cet article en propose une analyse critique en croisant des approches techno-sémiotique et écosémiotique. Il interroge leur ambivalence, entre potentiel de sensibilisation écologique et reconduction d’un solutionnisme technologique. Enfin, il explore des pistes pour un design numérique centré-vivant, fondé sur la médiation sensible, les narrations situées, et une posture de recherche engagée dans une écologie des savoirs.
Highlights
•
Meta-analysis of agroecology’s impact on biodiversity and climate change mitigation.
•
Agroecological interventions increase biodiversity of all studied functional groups.
•
Biodiversity effects were positive for all agricultural land-use types except horticulture.
•
Soil C storage and N2O mitigation increase, but not CH4 and CO2 mitigation.
•
Transitions to input substitution or to redesign provide similar benefits.
•
Meta-analysis of agroecology’s impact on biodiversity and climate change mitigation.
•
Agroecological interventions increase biodiversity of all studied functional groups.
•
Biodiversity effects were positive for all agricultural land-use types except horticulture.
•
Soil C storage and N2O mitigation increase, but not CH4 and CO2 mitigation.
•
Transitions to input substitution or to redesign provide similar benefits.
Le jardin sensible traduit une autre forme de rapport et de compréhension du non-humain. Il n’est plus l’espace dans lequel on cherche à maîtriser la nature, où le monde vivant est réduit à un décor ou à une source d’exploitation. Cette approche du métier semble intéressante à l’heure de la crise écologique, où l’on comprend que la préservation de la biodiversité est un enjeu majeur. Le jardinier sensible se caractérise avant tout par son éthique qui privilégie la relation au vivant. L’attention qu’il développe lui permet de tisser des liens avec les non humains, d’imaginer d’autres manières d’être et de saisir les interrelations qui font le monde vivant. Son travail résulte d’un dialogue entre les expériences vécues de relation avec les non-humains et les connaissances naturalistes.
Des leviers identifiés pour changer d’échelle
Le rapport identifie plusieurs leviers structurants pour accélérer :
le renforcement des démarches collectives territoriales, véritables moteurs de diffusion des pratiques ;
la co-construction et la diffusion des connaissances, via des réseaux d’expérimentation et une meilleure capitalisation des résultats ;
l’appui sur l’adaptation au changement climatique, qui rend de nombreuses pratiques agroécologiques incontournables ;
le rôle clé des coopératives et des filières, capables de valoriser économiquement les pratiques vertueuses ;
et enfin, des incitations financières ciblées, temporaires et orientées vers la prise de risque.
Le rapport identifie plusieurs leviers structurants pour accélérer :
le renforcement des démarches collectives territoriales, véritables moteurs de diffusion des pratiques ;
la co-construction et la diffusion des connaissances, via des réseaux d’expérimentation et une meilleure capitalisation des résultats ;
l’appui sur l’adaptation au changement climatique, qui rend de nombreuses pratiques agroécologiques incontournables ;
le rôle clé des coopératives et des filières, capables de valoriser économiquement les pratiques vertueuses ;
et enfin, des incitations financières ciblées, temporaires et orientées vers la prise de risque.