14897 shaares
1746 résultats
taggé
bulagri
La transformation de nos pratiques alimentaires vers une alimentation plus durable est un enjeu social, mais il est lié à des phénomènes de représentations culturelles complexes. Il n’y a pas de « Français moyen » quand on parle du contenu de l’assiette, mais des habitudes et des pratiques différentes selon les groupes sociaux. L’Iddri mène des travaux approfondis sur cette question encore émergente. Quels sont donc les rapports des différents groupes sociaux avec ces pratiques alimentaires ? Quels leviers publics et privés peuvent les faire évoluer ? Clémence Nasr répond aux questions de Sophie Larmoyer.
Leur étude montre qu’il existe de nombreuses incertitudes, si bien que les effets concrets du numérique pour l’agriculture restent inconnus. Les travaux recensés ont tendance à estimer les bénéfices de la numérisation d’une activité agricole sans considérer les impacts associés à la matérialité des équipements requis. Cela amène à négliger les effets négatifs au profit d’effets positifs artificiellement augmentés. Huck et al. pointent aussi le manque de données sur le cycle de vie des équipements, la manière dont ils sont utilisés et les effets de leurs applications.
« Fait social total », l’alimentation, nous l’avons dit, constitue un moyen essentiel (pour ne pas dire fondamental, si nous nous laissions aller à un peu de chauvinisme thématique…) de construction de nos différentes relations dans le monde (partie 1). Nos relations à nous-même d’abord, tant le corps nourri soulève des questions de santé, d’émotions, de plaisirs et de construction de nos identités : de l’affirmation du « soi » par l’alimentation. Nos relations aux autres ensuite (nos compagnons, ou copains) à travers la convivialité (ou non d’ailleurs) des repas partagés, la transmission des règles de table et des savoir-faire culinaires, le métissage des cultures alimentaires, les échanges économiques entre acteurs des systèmes alimentaires, etc. Partager un repas est un moyen de se relier aux autres : manger la même chair noue des relations communes, puisque incorporer l’aliment du collectif c’est, symboliquement, s’incorporer soi-même dans le collectif. Puis nos relations spirituelles aux mondes invisibles, dans lesquels l’alimentation joue un rôle clé à travers des offrandes par exemple. Et, enfin, nos relations à la biosphère, avec les autres vivants non humains, les mondes animal et végétal, mais aussi avec tout l’univers microbien, qui à la fois nous compose (le microbiote intestinal) et joue un rôle dans la transformation et la conservation de nos aliments (la fermentation par exemple).
Ce faisant, elles ont estimé à un peu plus de 8 Mds€ les moyens publics pour le secteur agricole finançant des pratiques dommageables à la biodiversité (dont 6,2 Mds€ de fonds européens et 1,2 Md€ de dépenses fiscales).
Discutant les solutions pour réduire cette dépendance aux énergies fossiles, les auteurs soulignent que certaines technologies sont coûteuses et énergivores, alors que leur efficacité n’est pas toujours avérée. Par exemple, compter sur les engrais « bas carbone » (produits à base d’ammoniac bleu ou vert) risque de repousser l’adoption de modes de production agroécologiques, alors que 99 % de l’ammoniac est encore d’origine fossile en 2025.
De même, la numérisation de l’agriculture (ex. technologies d’autoguidage, de précision) repose sur des technologies intensives en énergies, plus ou moins carbonées, et elle ne réduit pas toujours l’utilisation d’engrais et de pesticides. Les auteurs recommandent plutôt le déploiement des énergies renouvelables et l’amélioration de l’efficacité énergétique, en parallèle de la transition vers des modes de production agricole et de consommation moins énergivores.
De même, la numérisation de l’agriculture (ex. technologies d’autoguidage, de précision) repose sur des technologies intensives en énergies, plus ou moins carbonées, et elle ne réduit pas toujours l’utilisation d’engrais et de pesticides. Les auteurs recommandent plutôt le déploiement des énergies renouvelables et l’amélioration de l’efficacité énergétique, en parallèle de la transition vers des modes de production agricole et de consommation moins énergivores.
Les résultats confirment que les montants d’aides rapportés à l’hectare ont initialement favorisé les exploitations les plus intensives. Cependant, la convergence interne des paiements directs et la montée en puissance du soutien au développement rural (2e pilier de la PAC) ont progressivement inversé cette tendance.
Il s’agit bien d’un ouvrage académique, dont les contributions ont fait l’objet d’un processus de validation scientifique. Les éditions de l’ENS de Lyon le présentent ainsi :
"L’agriculture numérique – drones, tracteurs connectés, pulvérisateurs de « précision », etc. – est aujourd’hui présentée comme une solution incontournable pour affronter les défis alimentaires et écologiques globaux. Ce projet s’inscrit dans la continuité des politiques d’équipement agricole ayant favorisé la concentration des exploitations et l’intensification des modes de production depuis les années 1950. Les machines agricoles demeurent toutefois des technologies peu débattues et peu étudiées.
Quelles sont les organisations économiques et professionnelles ainsi que les politiques publiques qui, hier comme aujourd’hui, promeuvent des technologies intensives en capitaux et gourmandes en énergies fossiles ? Quelles transformations du travail agricole et quelles conséquences environnementales en résultent ?
Rassemblant les contributions d’historiens et d’historiennes, de sociologues et d’anthropologues, ce livre éclaire les formes des verrouillages sociotechniques dans lesquels sont pris les agriculteurs et les agricultrices, contraignant leurs choix, augmentant leur empreinte environnementale, limitant la maîtrise de leurs outils de travail, et décourageant leurs velléités de bifurcation."
"L’agriculture numérique – drones, tracteurs connectés, pulvérisateurs de « précision », etc. – est aujourd’hui présentée comme une solution incontournable pour affronter les défis alimentaires et écologiques globaux. Ce projet s’inscrit dans la continuité des politiques d’équipement agricole ayant favorisé la concentration des exploitations et l’intensification des modes de production depuis les années 1950. Les machines agricoles demeurent toutefois des technologies peu débattues et peu étudiées.
Quelles sont les organisations économiques et professionnelles ainsi que les politiques publiques qui, hier comme aujourd’hui, promeuvent des technologies intensives en capitaux et gourmandes en énergies fossiles ? Quelles transformations du travail agricole et quelles conséquences environnementales en résultent ?
Rassemblant les contributions d’historiens et d’historiennes, de sociologues et d’anthropologues, ce livre éclaire les formes des verrouillages sociotechniques dans lesquels sont pris les agriculteurs et les agricultrices, contraignant leurs choix, augmentant leur empreinte environnementale, limitant la maîtrise de leurs outils de travail, et décourageant leurs velléités de bifurcation."
À travers notre étude, nous voulions comprendre si l’échange d’effluents ou d’aliments entre exploitations pouvait donner lieu à un effet rebond et donc limiter les bénéfices environnementaux d’une telle coopération.
pour quelles raisons, les populations actives agricoles, qu’elles soient exploitantes ou salariées au sein des diverses filières, parlent-elles si peu des risques sanitaires liés à une exposition régulière ou accidentelle aux pesticides ? Ce paradoxe est-il propre au secteur agricole ou se retrouve-t-il dans d’autres corps de métier ? Au-delà des clivages, quelles pistes pouvons-nous collectivement esquisser pour discuter plus sereinement de ces questions ?
Cet article traite de la cohabitation entre éleveurs et vautours dans deux territoires où ces derniers ont été réintroduits dans les années 1980. Il montre comment l’équilibre initial, adossé à un équarrissage naturel mis en place par deux associations au bénéfice des éleveurs, a été altéré à la suite d’attaques présumées d’animaux vivants par les vautours. C’est alors toute la question du nombre et du comportement des vautours qui alimente une controverse et des demandes de régulation de leurs effectifs. Mais les trajectoires divergent entre les deux territoires étudiés en fonction de la nature des relations nouées entre acteurs et de la présence/absence du loup. L’article approfondit ce faisant l’analyse spatiale des controverses, et fait écho à celui de Romain Carrausse consacré aux conflits autour des bassines