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politique
Elle montre également une contradiction : à l’école, nous apprenons souvent le fonctionnement du pouvoir démocratique (séparation des pouvoirs, libertés individuelles) mais la démocratie est rarement vécue dans le fonctionnement des établissements, et des relations adultes-enfants. Au contraire, les jeunes font parfois face à un pouvoir arbitraire où la règle s’applique à eux avant de s’appliquer aux adultes dans leur établissement.
Un rapport publié en février 2026 par IPES-Food, un groupe indépendant d’experts internationaux, met en évidence l’opposition entre deux modèles d’innovation actuellement à l’œuvre dans le secteur agricole. Le premier, dominant, est porté par une alliance entre grandes industries de l’agroalimentaire et géants du numérique. Il promeut des technologies visant à augmenter la productivité et susceptibles d’enfermer les agriculteurs dans une dépendance financière et technique : agriculture de précision, outils d’aide à la décision, biotechnologies. Le second modèle repose sur une dynamique d’innovation ascendante impulsée par les agriculteurs pour répondre à des besoins concrets du terrain : semences paysannes, initiatives d’auto-conception d’outils low-tech, etc. Constatant un déséquilibre entre ces deux tendances, le rapport préconise une réorientation des flux d’investissements et des politiques de recherche publique (plus de recherches participatives, de projets agroécologiques, etc.), afin de limiter les risques de concentration des systèmes alimentaires dans les mains d’un nombre restreint d’acteurs.
Le SEMECOL du 4 décembre 2025 s’est penché sur la notion de blanchité, son implication dans les mouvements écologistes et la justice environnementale.
Mis en ligne en mars 2026, un article d’Économie rurale analyse les discours de la FNSEA entre 2017 et 2023. À partir d’un corpus de communiqués, d’articles de presse et d’interventions médiatiques, les auteurs montrent que le syndicat majoritaire oppose aux critiques sociales et environnementales une défense renouvelée du modèle productiviste. En premier lieu, le syndicat s’emploie à réaffirmer l’unité du monde agricole. Ensuite, il stigmatise des adversaires extérieurs (acteurs de la mouvance écologiste et journalistes taxés d’agribashing, voir un précédent billet), en appelant au respect du « principe de réalité ». Un troisième registre met en avant la capacité de changement du monde agricole, que ce soit via des démarches de certification (label HVE) ou l’annonce d’une nouvelle révolution agricole fondée sur la génétique, la robotique et le numérique. Enfin, les crises et les tensions géo-économiques sont appréhendées sous l’angle de la souveraineté alimentaire, dans un sens compatible avec la vocation exportatrice de la « ferme France ».
Vadémécum pour une approche singulière du développement local
« Ce qui ravage la Terre ravage les populations non blanches, ce qui ravage les populations non blanches ravage la Terre », le constat est posé. Coordonné par Fatima Ouassak, ce livre choral inaugure la nouvelle collection « Écologies de la libération ». Il fait résonner les voix de l’écologie antiraciste et décoloniale, comme l’association A4, l’artiste Maya Mihindou ou le militant Omar Alsoumi, à travers onze récits explorant les rapports à la terre de celles et ceux qui en ont été privés.
Donner directement la parole aux agriculteurs ne permet pas seulement de nuancer le récit dominant : cela met en lumière la profondeur du malaise. Au-delà des normes ou des aides, beaucoup expriment un sentiment de déclassement, de perte de sens et d’absence de perspectives pour les générations futures.
Avant même de discourir sur l’importance de la souveraineté numérique, nous devons nous intéresser à la manière dont notre imaginaire a été colonisé par des intérêts privés.
Quels sont les risques de l’interdiction ?
Les risques sont multiples, et ils sont bien documentés. Le premier est celui de l’inefficacité : une interdiction sans accompagnement produit des usages cachés, non régulés, souvent plus problématiques. Le deuxième est celui de l’injustice sociale. Tous les adolescents ne disposent pas des mêmes ressources, y compris familiales, pour comprendre, discuter, négocier les usages numériques. Interdire sans éduquer, c’est accentuer, en conscience, ces écarts.
Il y a aussi un risque de disqualification symbolique de la jeunesse. En construisant les adolescents comme incapables de discernement, on renforce une vision déficitaire de leurs pratiques, alors que les recherches montrent au contraire leur capacité à développer des stratégies, des normes, des formes de réflexivité. Cela nuit à leur sentiment de légitimité et à leur engagement scolaire, mais plus largement aussi au vivre-ensemble.
Les risques sont multiples, et ils sont bien documentés. Le premier est celui de l’inefficacité : une interdiction sans accompagnement produit des usages cachés, non régulés, souvent plus problématiques. Le deuxième est celui de l’injustice sociale. Tous les adolescents ne disposent pas des mêmes ressources, y compris familiales, pour comprendre, discuter, négocier les usages numériques. Interdire sans éduquer, c’est accentuer, en conscience, ces écarts.
Il y a aussi un risque de disqualification symbolique de la jeunesse. En construisant les adolescents comme incapables de discernement, on renforce une vision déficitaire de leurs pratiques, alors que les recherches montrent au contraire leur capacité à développer des stratégies, des normes, des formes de réflexivité. Cela nuit à leur sentiment de légitimité et à leur engagement scolaire, mais plus largement aussi au vivre-ensemble.
C’est donc cela la véritable question que pourrait soulever le manifeste : les fonctionnements actuels de l’université et de l’éducation nationale sont-ils compatibles avec une décroissance énergétique et matérielle globale ? Avec la bifurcation vers un monde sobre, équitable, démocratique ? Sont-ils alignés avec le bien commun dont les coordonnées ont changé avec l’effondrement du mythe de la croissance techno-économique joyeuse pour toutes et tous ? En ce qui concerne l’introduction de l’IA générative, clairement non, et cela justifie en soi une résistance ciblée. Pour le reste, justement, il serait urgent d’en discuter.
Depuis 2019, les membres du collectif pour une Sécurité sociale de l’alimentation échangent, construisent et portent un projet de société à la hauteur des enjeux agricoles et alimentaires. Forts de travaux bien plus anciens, ils partagent leurs expériences, leurs convictions et leurs points de vue pour essayer de penser les institutions d’une socialisation de l’agriculture et de l’alimentation, seule voie à même de répondre aux urgences démocratiques, sociales et écologiques auxquelles nous sommes confrontés.
’est une lettre absolument inédite, absolument dramatique, et absolument bouleversante aussi. La lettre d’une présidente d’université, Anne Fraïsse, présidente de l’université Paul Valery, une lettre qu’elle adresse au président de la république. Aujourd’hui dans le journal Le Monde.
En réflexion depuis les années 2010, les expérimentations s’inspirant de la Sécurité sociale de l’alimentation ont été multipliées depuis 2021. Dans ce contexte, l’ADEME, la Banque des territoires, la Fondation Carasso et la Fondation de France ont mandaté l’association Let’s Food et le bureau d’études Vertigo Lab pour réaliser un bilan national.