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culture_informationnelle
« On s’attend des jeunes, selon les participant.es, ce qu’ils soient aptes à identifier la mésinformation et la désinformation dans des environnements informationnels saturés, protéger leur propre vie privée contre une extraction de données constante et largement invisible, autoréguler leur engagement avec des systèmes d’IA délibérément conçus pour créer une dépendance chez les utilisateurs, et naviguer sur des plateformes dont le fonctionnement interne demeure délibérément opaque. »
Loin d’être un simple outil technique neutre, l’IAG agit comme un révélateur et un amplificateur de clivages préexistants, en particulier lorsqu’elle n’est ni médiée, ni didactisée par l’institution scolaire
Le premier, celui de Wikipédia, repose sur une médiation horizontale, délibérative et communautaire. Les contenus y sont entièrement traçables et discutables, grâce aux historiques de modifications et aux pages de discussion des articles, ouverts à tous. Le second, celui des LLMs, est invisible, algorithmique, non discutable. Ces dispositifs produisent du texte plausible, mais sans traçabilité ni débat contradictoire, et leur usage suppose des compétences spécifiques pour formuler des requêtes pertinentes, évaluer les réponses fournies, les trier et vérifier. Ces différences ne contredisent pas un point commun : Wikipédia et les LLMs entretiennent chacun une promesse d’égalité d’accès, pourtant illusoire.
on parle de développer une culture.
Celle-ci regroupe un certain nombre de connaissances (par exemple savoir identifier les systèmes qui reposent sur les IA ; connaître les motivations et les modèles des acteurs,..) ;
des aptitudes (comme par exemple comparer des moteurs de recherche ; savoir distinguer différents médias et la provenance des informations ; être capable de reconnaître des idées reçues des préjugés, des imaginaires ; être capable d’élaborer des contre-discours à la désinformation et de les communiquer..) ;
enfin des valeurs (comme la défense de la liberté d’expression et d’opinion, de la propriété intellectuelle, la promotion de l’égalité des genres, l’engagement en faveur du respect de la vie privée..). Ce rapport donne des pistes intéressantes et montre comment l’EMI peut-être un espace de formation. Il me semble qu’il ne faut pas se limiter à des références techniques ou à des usages d’outils.
la mise en données du monde. Ce nouveau paradigme traverse tous les domaines de la société. Il repose sur une croyance selon laquelle la donnée constitue un élément de preuve objective. La quantification serait le meilleur moyen d’analyser, de maîtriser les phénomènes sociaux. Mais les savoirs reposent sur les hypothèses de ceux qui savent manipuler les données. On est à l’opposé de l’élaboration d’une pensée critique, comme on souhaite le faire en éducation. L’IA générative génère un grand nombre de données et leur traitement algorithmique porterait l’idée que le savoir serait fondé par la statistique. Ceci mérite d’être interrogé.
Celle-ci regroupe un certain nombre de connaissances (par exemple savoir identifier les systèmes qui reposent sur les IA ; connaître les motivations et les modèles des acteurs,..) ;
des aptitudes (comme par exemple comparer des moteurs de recherche ; savoir distinguer différents médias et la provenance des informations ; être capable de reconnaître des idées reçues des préjugés, des imaginaires ; être capable d’élaborer des contre-discours à la désinformation et de les communiquer..) ;
enfin des valeurs (comme la défense de la liberté d’expression et d’opinion, de la propriété intellectuelle, la promotion de l’égalité des genres, l’engagement en faveur du respect de la vie privée..). Ce rapport donne des pistes intéressantes et montre comment l’EMI peut-être un espace de formation. Il me semble qu’il ne faut pas se limiter à des références techniques ou à des usages d’outils.
la mise en données du monde. Ce nouveau paradigme traverse tous les domaines de la société. Il repose sur une croyance selon laquelle la donnée constitue un élément de preuve objective. La quantification serait le meilleur moyen d’analyser, de maîtriser les phénomènes sociaux. Mais les savoirs reposent sur les hypothèses de ceux qui savent manipuler les données. On est à l’opposé de l’élaboration d’une pensée critique, comme on souhaite le faire en éducation. L’IA générative génère un grand nombre de données et leur traitement algorithmique porterait l’idée que le savoir serait fondé par la statistique. Ceci mérite d’être interrogé.
Pour le dire en d’autres termes, connaître la recette exacte du Coca-Cola ne change rien au phénomène de l’obésité : la seule chose qui compte c’est de se doter de politiques de santé publique qui éduquent, régulent, contraignent et qui dépublicitarisent, qui démonétisent symboliquement ce qu’est et ce que représente le Coca-Cola.
De la même manière, connaître l’impact du pétrole sur le réchauffement climatique et la part qu’y jouent nos modes de transport et les industriels extractivistes ne changera rien à l’avenir de la planète si l’on n’a pas de politique publiques sur l’écologie capable de proposer des alternatives aux premiers mais aussi de contraindre les seconds, et là encore de dépublicitariser, de démonétiser tout cela.
Pour les algorithmes, y compris et a fortiori pour celui de TikTok, c’est exactement la même chose : connaître son mode exact de fonctionnement ne changera rien aux errances et aux effondrements affectifs, psychologiques, conatifs, informationnels qu’il alimente. Il nous faut des politiques publiques du numérique. Dont des politiques de santé publique numérique.
Et il faut davantage de postes de professeurs documentalistes dans les lycées et collèges, avec davantage d’heures de cours dédiées à la culture numérique. Et aussi il faut financer et multiplier les structures et opérateurs comme le CLEMI. Oui je l’ai déjà dit. Mais oui je le redis. Et le redirai sans cesse.
De la même manière, connaître l’impact du pétrole sur le réchauffement climatique et la part qu’y jouent nos modes de transport et les industriels extractivistes ne changera rien à l’avenir de la planète si l’on n’a pas de politique publiques sur l’écologie capable de proposer des alternatives aux premiers mais aussi de contraindre les seconds, et là encore de dépublicitariser, de démonétiser tout cela.
Pour les algorithmes, y compris et a fortiori pour celui de TikTok, c’est exactement la même chose : connaître son mode exact de fonctionnement ne changera rien aux errances et aux effondrements affectifs, psychologiques, conatifs, informationnels qu’il alimente. Il nous faut des politiques publiques du numérique. Dont des politiques de santé publique numérique.
Et il faut davantage de postes de professeurs documentalistes dans les lycées et collèges, avec davantage d’heures de cours dédiées à la culture numérique. Et aussi il faut financer et multiplier les structures et opérateurs comme le CLEMI. Oui je l’ai déjà dit. Mais oui je le redis. Et le redirai sans cesse.
Ce deuxième numéro de Comprendre son temps incarne l’ambition de Sciences Po de proposer une vision renouvelée du numérique, pensée à travers des valeurs européennes. Il interroge en particulier l’impact des transformations numériques sur nos démocraties.
Planches BD téléchargeables
Savoir*Devenir œuvre dans les domaines de :
l’Education aux Médias et à l’Information (EMI augmentée par le numérique)
la littératie numérique (Lire, écrire et créer sur tous les médias)
l’algolittératie (comprendre et maîtriser les algorithmes et systèmes d’intelligence artificielles informationnels)
la gouvernance d’internet (décoder le numérique pour influer sur les décisions d’avenir)
l’Education aux Médias et à l’Information (EMI augmentée par le numérique)
la littératie numérique (Lire, écrire et créer sur tous les médias)
l’algolittératie (comprendre et maîtriser les algorithmes et systèmes d’intelligence artificielles informationnels)
la gouvernance d’internet (décoder le numérique pour influer sur les décisions d’avenir)
"Le podcast pour restituer l’information
Pour restituer leur travail de recherche d’information, les élèves ont eu à réaliser un podcast. Un support loin d’être choisi au hasard par les enseignants : « Le podcast permet de travailler la mise en récit, la prise de parole appuyée sur des codes bien spécifiques (…). C’est d’abord un travail écrit, pour structurer son propos à partir de ressources diverses. Le fait de raconter une histoire permet aussi de s’approprier l’information » (Pr-Doc)."
Pour restituer leur travail de recherche d’information, les élèves ont eu à réaliser un podcast. Un support loin d’être choisi au hasard par les enseignants : « Le podcast permet de travailler la mise en récit, la prise de parole appuyée sur des codes bien spécifiques (…). C’est d’abord un travail écrit, pour structurer son propos à partir de ressources diverses. Le fait de raconter une histoire permet aussi de s’approprier l’information » (Pr-Doc)."
"Comment les adolescents et les jeunes adultes s’informent-ils ? Avec leur téléphone portable, bien sûr ! Mais comment se repèrent-ils dans ce que l’autrice qualifie de « monde informationnel particulièrement riche » ? Comment traitent-ils les informations qui leur arrivent ou qu’ils vont chercher ? Et quelles inégalités se créent entre eux ?"
Dans un propos accessible et clair, il s’attache
à nous donner quelques jalons de culture
numérique, entre mots-clés, anecdotes
pertinentes et tableau nuancé – de quoi
aiguiser notre regard critique.
à nous donner quelques jalons de culture
numérique, entre mots-clés, anecdotes
pertinentes et tableau nuancé – de quoi
aiguiser notre regard critique.