14884 shaares
Aboutissement et mise en perspective des résultats d’un programme de recherche [2], ce colloque s’est attaché à analyser les démarches de transition en aménagement, qu’elles émanent d’initiatives publiques ou privées dans des espaces diversifiés, en se concentrant sur les tensions et les compromis entre anthropisation et conservation de la nature. Les sciences de la conservation fournissent une proposition théorique intéressante, articulée autour des modèles de land sparing et land sharing, qui a guidé l’argumentaire de l’appel à propositions ainsi que les communications et discussions tenues pendant le colloque. Absente à l’origine du cadrage des travaux du programme de recherche dont ce colloque faisait la clôture, cette proposition conceptuelle s’est avérée particulièrement pertinente pour interpréter les résultats obtenus. L’initiative du colloque est donc de soumettre cette proposition à la communauté scientifique de l’aménagement de l’espace pour tester l’opportunité de son appropriation pour penser, concevoir et analyser les territoires anthropisés et leur rapport aux espaces et aux éléments de nature. L’événement a ainsi permis de construire trois jours de débats mettant à l’épreuve l’interdisciplinarité radicale qui doit se construire face aux crises environnementale et écologique globales, autant qu’il a pu faire dialoguer de manière fructueuse sciences sociales (se rapportant aux territoires, aux sociétés et à leurs fonctionnements) et sciences de la nature (biologie, écologie et écologie du paysage).
Initialement pensés pour analyser les relations entre biodiversité et agriculture (Phalan et al., 2011 ; Karp et al., 2015), les modèles conceptuels de land sparing et de land sharing sont deux propositions divergentes d’organisation de l’espace pour penser la satiété alimentaire des sociétés humaines en limitant les impacts négatifs sur les fonctionnalités écologiques des espaces productifs. Le land sparing préconise des zones de conservation de la nature strictement séparées des zones d’agriculture intensive ; tandis que le land sharing implique l’intrication de la nature dans les espaces agricoles.
Initialement pensés pour analyser les relations entre biodiversité et agriculture (Phalan et al., 2011 ; Karp et al., 2015), les modèles conceptuels de land sparing et de land sharing sont deux propositions divergentes d’organisation de l’espace pour penser la satiété alimentaire des sociétés humaines en limitant les impacts négatifs sur les fonctionnalités écologiques des espaces productifs. Le land sparing préconise des zones de conservation de la nature strictement séparées des zones d’agriculture intensive ; tandis que le land sharing implique l’intrication de la nature dans les espaces agricoles.