14897 shaares
"Après plusieurs années d’enquête dans les maisons de retraite ayant fait le choix d’introduire ces machines, l’auteur de Seuls ensemble conclue que l’une des raisons pour lesquelles nous préférons parfois le commerce avec les machines plutôt qu’avec les êtres humains est la détérioration préalable des relations que nous pouvons avoir dans le monde réel. Défiance, crainte d’être trompé, suspicion caractériseraient ces relations. Turkle ajoute une fatigue, consécutive au fait de devoir toujours être sur ses gardes, et un ennui : être en compagnie des autres nous ennuie. Elle en déduit que le concept de robots sociaux suggère que notre façon d’affronter l’intimité se résume peut-être aujourd’hui à l’éviter tout à fait. Cette détérioration des relations humaines constituerait selon elle le socle et la condition du développement de robots sociaux, ces derniers répondant à un besoin de cadre, de repères, de certitude et de prédictibilité que les relations normales, dans le contexte d’une dérégulation généralisée, n’offrent plus que très rarement."