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À partir d’une enquête socio-anthropologique menée en zones Comté et Saint-Nectaire auprès de jeunes en lycée agricole et d’aidants intervenant sur des exploitants en difficulté, D. Jacques-Jouvenot et S. Guigon analysent le lien entre mal-être agricole et transmission des savoirs. Elles soulignent le décalage entre l’idéalisation du métier et l’importance croissante des tâches de gestion. La division sexuée des activités au sein de l’exploitation, qui conduit souvent les femmes à assumer la gestion administrative et comptable, perdure dans les représentations des jeunes en formation. Les garçons délaissent ainsi les enseignements « scolaires », tournés vers les aspects administratifs, au profit des apprentissages techniques. Or, le retrait progressif des femmes des exploitations laitières laisse ces éleveurs démunis face à une « paperasserie » devenue importante dans l’exercice du métier. Ce sentiment d’incompétence augmente le risque suicidaire des exploitants.