14687 shaares
Pourtant, plusieurs arguments tendent à montrer que les effets sociaux des IAg – et c’est le cas de nombreuses autres technologies – ne sont pas seulement la somme des effets des usages individuels. Dit autrement, penser les effets sociaux de l’IAg par le seul prisme de ses usages conduit à occulter les mécanismes par lesquels la société toute entière se transforme sous l’effet d’une technologie.
On mesure donc à quel point l’idée de contrôle de l’outil, présupposée par la vision instrumentale de l’IA, est problématique. D’une part, une technologie comme l’IA « fait » beaucoup plus que la seule intention de ses utilisateurs finaux : elle les guide, les contraint, les rend dépendant, ouvre des possibles et en ferme d’autres, absorbe des compétences, etc. D’autre part, ses effets sociaux ne se réduisent pas à ce que ses utilisateurs en font, ne serait-ce que par les effets qu’elle produit même chez ceux qui ne l’utilisent pas, comme on vient de le voir. D’ailleurs, et sans s’inquiéter de la contradiction, les tenants des discours présentant les IAg comme de simples outils, s’accordent généralement pour affirmer que ces technologies « changent radicalement le monde » dans lequel on vit. Prendre cette affirmation au sérieux implique de réviser largement l’idée qu’elles seraient de « simples outils », puisque l’on comprend bien que « changer le monde » implique une dynamique autrement plus complexe que la simple somme des usages finaux.
On mesure donc à quel point l’idée de contrôle de l’outil, présupposée par la vision instrumentale de l’IA, est problématique. D’une part, une technologie comme l’IA « fait » beaucoup plus que la seule intention de ses utilisateurs finaux : elle les guide, les contraint, les rend dépendant, ouvre des possibles et en ferme d’autres, absorbe des compétences, etc. D’autre part, ses effets sociaux ne se réduisent pas à ce que ses utilisateurs en font, ne serait-ce que par les effets qu’elle produit même chez ceux qui ne l’utilisent pas, comme on vient de le voir. D’ailleurs, et sans s’inquiéter de la contradiction, les tenants des discours présentant les IAg comme de simples outils, s’accordent généralement pour affirmer que ces technologies « changent radicalement le monde » dans lequel on vit. Prendre cette affirmation au sérieux implique de réviser largement l’idée qu’elles seraient de « simples outils », puisque l’on comprend bien que « changer le monde » implique une dynamique autrement plus complexe que la simple somme des usages finaux.