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« On s’attend des jeunes, selon les participant.es, ce qu’ils soient aptes à identifier la mésinformation et la désinformation dans des environnements informationnels saturés, protéger leur propre vie privée contre une extraction de données constante et largement invisible, autoréguler leur engagement avec des systèmes d’IA délibérément conçus pour créer une dépendance chez les utilisateurs, et naviguer sur des plateformes dont le fonctionnement interne demeure délibérément opaque. »
Sur la communication en ligne et les outils numériques
Elle élude le cœur du problème : le modèle économique fondé sur la captation de l’attention. Sans s’attaquer à cette architecture, la régulation risque de manquer sa cible.
BD rapide à lire
Quels sont les risques de l’interdiction ?
Les risques sont multiples, et ils sont bien documentés. Le premier est celui de l’inefficacité : une interdiction sans accompagnement produit des usages cachés, non régulés, souvent plus problématiques. Le deuxième est celui de l’injustice sociale. Tous les adolescents ne disposent pas des mêmes ressources, y compris familiales, pour comprendre, discuter, négocier les usages numériques. Interdire sans éduquer, c’est accentuer, en conscience, ces écarts.
Il y a aussi un risque de disqualification symbolique de la jeunesse. En construisant les adolescents comme incapables de discernement, on renforce une vision déficitaire de leurs pratiques, alors que les recherches montrent au contraire leur capacité à développer des stratégies, des normes, des formes de réflexivité. Cela nuit à leur sentiment de légitimité et à leur engagement scolaire, mais plus largement aussi au vivre-ensemble.
Les risques sont multiples, et ils sont bien documentés. Le premier est celui de l’inefficacité : une interdiction sans accompagnement produit des usages cachés, non régulés, souvent plus problématiques. Le deuxième est celui de l’injustice sociale. Tous les adolescents ne disposent pas des mêmes ressources, y compris familiales, pour comprendre, discuter, négocier les usages numériques. Interdire sans éduquer, c’est accentuer, en conscience, ces écarts.
Il y a aussi un risque de disqualification symbolique de la jeunesse. En construisant les adolescents comme incapables de discernement, on renforce une vision déficitaire de leurs pratiques, alors que les recherches montrent au contraire leur capacité à développer des stratégies, des normes, des formes de réflexivité. Cela nuit à leur sentiment de légitimité et à leur engagement scolaire, mais plus largement aussi au vivre-ensemble.
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La seule décision raisonnable et rationnelle pour protéger les mineurs (mais pas uniquement) c’est que la responsabilité des plateformes soit engagée sur leur statut désormais clair d’éditeur de l’ensemble des contenus qu’elle agrègent et organisent éditorialement et que le recours à la mention d’hébergeur ne soit plus la règle mais l’exception.
À partir d’une enquête ethnographique qui étudie les cultures juvéniles urbaines en Suisse, cet article analyse les manières dont la médiatisation numérique modifie les conventions de mise en visibilité de soi entre pairs et, par extension, les modalités d’appropriation des espaces urbains. Partant du constat que les espaces présentiels et numériques sont interconnectés, mais non identiques, il montre que la médiatisation profonde du monde social complexifie les codes sociaux de mise en visibilité de soi, en tenant compte de la double audience possible – en présentiel et en ligne.
Les réseaux sociaux tels qu’ils sont conçus aujourd’hui exploitent, de fait, les besoins propres à l’adolescence en matière d’interactions et comparaisons sociales, de sensations et prise de risques, ainsi que de recherche de reconnaissance de leurs pairs.
« L’adolescence est une période sensible dans le développement et la construction de l’identité individuelle et sociale. Les adolescents ont moins de capacités de régulation émotionnelle et comportementale que les adultes, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux effets délétères des réseaux sociaux » expliquent les experts.
« L’adolescence est une période sensible dans le développement et la construction de l’identité individuelle et sociale. Les adolescents ont moins de capacités de régulation émotionnelle et comportementale que les adultes, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux effets délétères des réseaux sociaux » expliquent les experts.
Pour le dire en d’autres termes, connaître la recette exacte du Coca-Cola ne change rien au phénomène de l’obésité : la seule chose qui compte c’est de se doter de politiques de santé publique qui éduquent, régulent, contraignent et qui dépublicitarisent, qui démonétisent symboliquement ce qu’est et ce que représente le Coca-Cola.
De la même manière, connaître l’impact du pétrole sur le réchauffement climatique et la part qu’y jouent nos modes de transport et les industriels extractivistes ne changera rien à l’avenir de la planète si l’on n’a pas de politique publiques sur l’écologie capable de proposer des alternatives aux premiers mais aussi de contraindre les seconds, et là encore de dépublicitariser, de démonétiser tout cela.
Pour les algorithmes, y compris et a fortiori pour celui de TikTok, c’est exactement la même chose : connaître son mode exact de fonctionnement ne changera rien aux errances et aux effondrements affectifs, psychologiques, conatifs, informationnels qu’il alimente. Il nous faut des politiques publiques du numérique. Dont des politiques de santé publique numérique.
Et il faut davantage de postes de professeurs documentalistes dans les lycées et collèges, avec davantage d’heures de cours dédiées à la culture numérique. Et aussi il faut financer et multiplier les structures et opérateurs comme le CLEMI. Oui je l’ai déjà dit. Mais oui je le redis. Et le redirai sans cesse.
De la même manière, connaître l’impact du pétrole sur le réchauffement climatique et la part qu’y jouent nos modes de transport et les industriels extractivistes ne changera rien à l’avenir de la planète si l’on n’a pas de politique publiques sur l’écologie capable de proposer des alternatives aux premiers mais aussi de contraindre les seconds, et là encore de dépublicitariser, de démonétiser tout cela.
Pour les algorithmes, y compris et a fortiori pour celui de TikTok, c’est exactement la même chose : connaître son mode exact de fonctionnement ne changera rien aux errances et aux effondrements affectifs, psychologiques, conatifs, informationnels qu’il alimente. Il nous faut des politiques publiques du numérique. Dont des politiques de santé publique numérique.
Et il faut davantage de postes de professeurs documentalistes dans les lycées et collèges, avec davantage d’heures de cours dédiées à la culture numérique. Et aussi il faut financer et multiplier les structures et opérateurs comme le CLEMI. Oui je l’ai déjà dit. Mais oui je le redis. Et le redirai sans cesse.
Formation à distance de Delphine Montagne, Wikimédienne en résidence à l'URFIST de Lyon
Chaque jour, le réseau Bluesky engrange un million d’utilisateurs nouveaux. C’est l’eXode tant attendu. Et pourtant, derrière Bluesky, c’est blockchain, cryptomonnaie, dérégulateurs et compagnie. De faux amis.
La BD "Les réseaux sociaux et nos ados" est un dialogue entre un "boomer" et sa petite sœur adolescente qui explorent les avantages et les dangers des réseaux sociaux. Basé sur des témoignages et des recherches, la BD propose des solutions pour aider les jeunes à vivre mieux avec les réseaux.
Au cours des dernières années, l'agriculture est devenue un point de plus en plus « chaud » dans les controverses environnementales. Avec une visibilité nouvelle dans les médias traditionnels comme sur les réseaux sociaux, nombre de militants et organisations dénoncent les effets destructeurs de l'intensification des modes de production agricole sur la santé humaine, les conditions de vie des animaux d'élevage, la biodiversité et le climat. Dans cet article, nous étudions le déploiement, dans l'espace public numérique, d'une forme de contre-mobilisation en réponse à ces dénonciations. Cette contre-mobilisation repose sur l'activation de solidarités entre agriculteurs et professionnels para-agricoles, mus par une expérience partagée de la critique et le projet commun d'y répliquer. L'analyse de la transformation des mécanismes de représentation des mondes agricoles permet ainsi de relativiser l'opposition classique entre l'action stratégique et discrète de lobbying, coordonnée et orchestrée par les acteurs économiques dominants, et l'action décentralisée et spontanée des mouvements sociaux en ligne, qui évoluent de façon fluide, sans structure ni dirigeant.